Chroniques vidéoludiques v.0.3
Top Hunter (Neo Geo)
SNK est surtout connu pour sa licence Metal Slug et sa tripotée de jeux de combats. Cependant la firme a tenté, à de rares reprises, quelques pas de côté. Top Hunter, jeu sorti en 1994, soit deux ans avant le premier Metal Slug, en est le parfait représentant. Peu connu mais possédant une identité forte, voilà bien un jeu à redécouvrir.
I) Un déplacement subtil
Deux plans pour une action soutenue
Un des intérêts de Top Hunter est la possibilité de déplacements multiples de la part des personnages. Alors que la plupart du temps, dans un classique run and gun ou run and jump, on ne fait qu’avancer de gauche à droite dans un scrolling horizontal simple et unique là le soft nous propose un déplacement sur deux plans.
Fait assez rare à l’époque, et même par la suite, notre héros peut donc passer quand il le désire du premier plan au second plan. L’intérêt étant de proposer aux gamers une action soutenue et continue mais également la possibilité d’élaborer quelques semblants de stratégies face aux boss du jeu.
Level Design
Avec son level design bicéphale, le titre propose une architecture des niveaux intéressante et pleine de malices. Les routes sont toujours ou presque doubles, permettent l’élaboration de stratégies et surtout une progression nécessitant d’être toujours en alerte tant les détails sont nombreux sur l’une ou l’autre rive.
Il est, par exemple, possible d’esquiver un coup en changeant de plan et de revenir ainsi, tout en sautant, sur la tête du vilain que l’on affronte. Au bout de quelques minutes de jeu, dès que l’on maîtrise ce concept un peu original, on se rend compte de l’immense richesse de la chose.
Le libre arbitre du gamer
Autre possibilité qu’offre cette double progression, le fait de pouvoir choisir son chemin. Certains semblent plus complexes que d’autres ou proposent des obstacles différents. Le joueur peut donc décider de prendre tel ou tel chemin en se plaçant sur tel ou tel plan. Ce choix cornélien n’est pas toujours possible mais a le mérite d’exister et d’apporter une pluralité narrative non négligeable au soft.
II) Un gameplay surprenant
Du classique et de la nouveauté
Top Hunter, bien avant les débuts de Metal Slug, proposera quelques éléments de gameplay qui sont aujourd’hui des codes du genre. Autrement dit, on peut contrôler des robots géants, prendre des armes toujours plus puissantes pour atomiser tout ce qui vient se mettre en travers de notre route. Rien de bien original pour les connaisseurs de run and gun.
La nouveauté dans tout cela demeure cette progression aux poings que permet le jeu. Tel un Mike Tyson assoiffé de vengeance, vous pourrez distribuer des mandales à foison. Et ce n’est pas tout, en plus des traditionnels coups de poings il sera également possible de saisir vos ennemis, lorsque vous serez proche d’eux, pour les soulever et les écraser au sol ou même les projeter contre d’autres nuisibles. En bref, on tient presque là une version améliorée d’Alexx Kid.
Gameplay
On voit clairement avec ce soft les prémices de la saga Metal Slug. Le run and gun SNK par excellence. Même si Metal Slug apportera quelques nouveautés, ce Top Hunter nous propose des commandes simples à comprendre et produisant un beau bordel dès qu’on s’y attèle un peu. Nerveux sans être simpliste ou quand SNK avait du talent.
Survivre au temps qui passe
Autre élément majeur du gameplay, le principe de survie. Dans Top Hunter, on peut bien évidemment mourir en se faisant ratatiner par de vilains sbires mais également en laissant le temps s’écouler.
Durant les sessions de jeu, le compteur tourne et ne cesse de chuter. Il faut donc constamment casser des caisses, des nez et des palissades pour récupérer quelques précieuses secondes (ressemblant à des trophées) pour alimenter le compteur. Un principe qui n’est pas sans rappeler Adventure Island et son système de fruits à collecter. Aussi ingénieux que stressant.
Durée de vie
Il est clair que sur une borne d’arcade le jeu devait coûter bien cher en piécettes. Aujourd’hui, sur un DVD de compilation pour la Wii, on peut arriver au terme de l’aventure en à peine 2 heures. Mais le plus important ici, c’est le plaisir de jeu. Et de ce point de vue là, le joueur n’est pas lésé et profitera de l’intensité de l’action du début jusqu’à la fin sans réelle baisse significative.
III) Une réalisation qui claque
Une réalisation de grande classe
Top Hunter marque également le joueur par sa réalisation. Bien que datant de 1994, le soft reste encore aujourd’hui un très beau jeu en 2D. Les animations des personnages sont assez riches, les couleurs sont nombreuses et la fluidité est toujours au rendez-vous. Rien à redire même après plusieurs années dans le cornet, un bon signe.
Là où certains jeux s’affaissent avec le temps et devraient demeurer bien enfouis dans nos souvenirs d’enfance, Top Hunter vient nous montrer qu’on peut survivre aux outrages des années.
Esthétique
Audio
Probablement, l’aspect le moins pertinent du titre. Les thèmes ne sont pas nombreux et ne parviennent jamais à nous séduire entièrement, on écoute d’une oreille distraite avant de passer à autre chose. Dommage.
Un humour typique SNK
Enfin, n’oublions pas que Top Hunter possède aussi une réelle identité et un humour décapant. SNK est connu pour son humour bouffon, la firme ne déroge pas à la règle ici. On retrouve des ennemis aussi risibles qu’énormes et de multiples clins d’œil et autres allusions à d’autres licences comme, par exemple, cet hommage à Mario du fait de pouvoir sauter sur la tête de nos ennemis.
Scénario et dialogues
Même si le scénario n’est pas très compliqué, ni même très développé, on apprécie l’ambiance qui se dégage du titre. Le monde futuristo-comique de ce jeu SNK donne facilement la banane surtout si l’on est attentif aux moindres bizarreries des sbires qui vous attaquent. Côté dialogues par contre, il faudra faire une croix dessus.
Mention
Peu connu et injustement oublié ce Top Hunter demeure pourtant l’un des titres les plus surprenants et les plus réussis de la grande époque SNK. Avant Metal Slug et son déferlement d’épisodes, il y avait Roddy et Cathy, deux chasseurs de prime lavant à grands coups de mandales la galaxie des plus ignobles nuisibles. Un petit trésor qu’on aurait tord d’éviter tant la dématérialisation d’aujourd’hui permet de se le procurer à prix doux.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Alfoux le 5 février 2010 à 7 h 00 min, et placée dans Wii. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |
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Test intéressant et bien écrit, perso j’ai jamais trop accroché à ce titre …
En revanche, je ne saurais que trop te recommander Cyber lip, moins jovial mais le vrai précurseur de metal slug selon moi.
about 1 year ago
Je ne connaissais pas Cyber Lip, je vais essayer de me le procurer vu ce que tu en dis.