Chroniques vidéoludiques v.0.3
Bienvenue chez les ch’tis, chronique d’un marketing décomplexé
Il y a des jeux dont on se demande, l’espace d’une seconde ou deux, s’il s’agit d’une blague ou non. Même une blague de mauvais goût, ça compte. Le résultat est tellement surprenant, au mauvais sens du terme, que l’on pense la chose impossible. Le bon sens est une qualité partagée par de nombreuses personnes…normalement.
Toujours plus loin dans le mauvais goût
Un film surestimé
Il n’y a pas de grande gloire à descendre un jeu comme Bienvenue chez les Ch’tis. Comme dirait Corneille, A vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Aucun courage, aucune prise de risque mais nom de Dieu comme ça fait du bien. Et puis, quelques raisons motivent la critique malgré tout.
Le raz-de-marée Ch’tis est passé désormais, on peut donc parler posément du phénomène sans risquer de tomber dans une position excessive (favorable ou non). Bienvenue chez les Ch’tis cartonna littéralement en France engrangeant quelques millions d’entrées, du jamais vu. Le film méritait-il un tel destin ? On peut en douter.
Certes le film était sympathique mais de là à générer autant de recettes, franchement. On y voit plus là un déclin français qu’une franche réussite pour notre cinéma. Si un tel film, encore une fois qui n’est pas mauvais, peut soulever une telle ferveur populaire c’est que décidément le niveau est bien bas.
Un double problème
Mais revenons au jeu. Le problème de ce titre est double. D’une part, il donne une image assez lamentable du Nord (qui voudrait y mettre les pieds en regardant les images issus du soft ?) ; d’autre part, c’est une insulte envers tous les développeurs français et en particulier les studios indépendants qui font du bon boulot parfois.
Comment ne pas être dégoûté à la vue d’un titre qui a probablement été réalisé en 5/6 mois grand maximum ? Un soft qui a mobilisé quelques développeurs stagiaires de chez Mindscape ? Oui, on peut être dégoûté en voyant de tels produits tandis que d’autres, tout aussi français, méritent une meilleure exposition et témoignent d’une vraie prise de risque et d’un vrai talent.
Un jeu révélateur
Et ne l’oublions pas, ce jeu c’est également le triste reflet d’une société d’hyper-consommation où l’emballage vaut plus que le produit. Le contenant plus que le contenu. Où n’importe quelle production se doit d’être déclinée le maximum possible pour engranger encore plus de recettes. Dans ce monde de la production/consommation sans bornes, au détriment du bon goût, le jeu vidéo se comporte parfois comme une industrie délirante. En ressort quelques œuvres de la honte comme ce jeu.


